Le plus grand pays d'Afrique et le moins raconté.
L'Algérie est le plus grand pays d'Afrique, le dixième plus grand du monde, deux fois et demie la France.
Un territoire qui va de la Méditerranée au cœur du Sahara de la mer aux dunes, des sommets enneigés de Kabylie aux canyons millénaires du Tassili.
Et pourtant.
Demandez à n'importe quel Européen ou même à beaucoup de membres de la diaspora algérienne ce qu'ils savent de l'histoire et du patrimoine algériens. Vous obtiendrez, au mieux, quelques références à la colonisation, à la guerre d'indépendance, peut-être au couscous.
Ce n'est pas de l'ignorance. C'est de l'effacement. Progressif, systématique, rarement intentionnel mais réel.
Ce que vous allez lire maintenant, on ne vous l'a probablement jamais raconté.
Les pyramides que personne ne connaît
Vous pensiez que les pyramides étaient réservées à l'Égypte ?
Au cœur de l'Algérie, à Batna, se dresse le Médracen un mausolée royal numide construit au IIIe siècle avant notre ère. Cylindrique, massif, entouré de 60 colonnes doriques, coiffé d'un cône de pierres il est l'un des monuments antiques les mieux conservés d'Afrique du Nord.
Non loin, la Souma du Khroub et le Tombeau de la Chrétienne autre mausolée royal numide près de Tipaza, que certains historiens attribuent à la reine Cléopâtre Séléné II, fille de la Cléopâtre d'Égypte, enterrée en terre algérienne.
Des pyramides algériennes. Antérieures à l'arrivée des Romains. Témoins d'une civilisation berbère raffinée, puissante, organisée que l'histoire officielle a longtemps reléguée en note de bas de page.
Le canyon qui dépasse l'imagination
Le Tassili n'Ajjer, dans le sud algérien, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982.
Ce n'est pas seulement un paysage. C'est une archive.
Des milliers de peintures et gravures rupestres certaines vieilles de 12 000 ans couvrent les parois de grès du plateau. Des girafes, des éléphants, des hippopotames peints dans un Sahara qui était alors savane verdoyante. Des scènes de vie quotidienne, de chasse, de danse, de rituel une bibliothèque préhistorique à ciel ouvert.
Et autour : des formations rocheuses sculptées par des millions d'années d'érosion. Des arches naturelles, des aiguilles, des forêts de pierre. Un paysage martien au cœur de l'Afrique.
Le Grand Canyon américain est visité par six millions de touristes par an. Le Tassili n'Ajjer plus ancien, plus riche historiquement, plus spectaculaire par certains aspects reste inconnu du grand public mondial.
Ce n'est pas un déficit de beauté. C'est un déficit de narration.
La reine guerrière que l'histoire a voulu oublier
Au VIIe siècle, quand les armées arabes déferlement sur l'Afrique du Nord, elles rencontrent une résistance inattendue.
Une femme. Berbère. Cheffe de guerre. Prophétesse selon certains récits. Son nom : Dihya connue dans les chroniques arabes sous le nom de Kahina, "la devineresse".
Pendant des années, elle mène la résistance berbère contre l'expansion omeyyade. Elle bat les armées du général Hassan ibn al-Nu'man. Elle unifie les tribus berbères sous son commandement. Elle adopte même un prisonnier arabe geste de générosité ou stratégie politique, les historiens débattent encore.
Elle finit par tomber au combat mais après avoir infligé des défaites retentissantes à l'une des armées les plus puissantes de son époque. Certains historiens la comparent à Jeanne d'Arc mais Dihya l'a précédée de huit siècles.
Elle est algérienne, elle est berbère, elle est l'une des figures féminines les plus remarquables de l'histoire médiévale mondiale.
Vous en aviez entendu parler ?
Jugurtha : le roi qui a humilié Rome
Avant Vercingétorix, avant Spartacus il y a eu Jugurtha.
Roi de Numidie l'ancien nom du territoire algérien au IIe siècle avant notre ère, il a mené pendant dix-sept ans une guerre d'usure contre la République romaine. La guerre de Jugurtha est l'une des premières guerres documentées de l'histoire dans lesquelles une puissance militaire dominante se retrouve en difficulté face à un adversaire qui utilise le terrain, la guérilla et la diplomatie comme armes.
Jugurtha corrompait les sénateurs romains. Il négociait, reculait, attaquait. Il faisait de la politique autant que la guerre.
Salluste, l'historien romain, lui consacre une monographie entière La Guerre de Jugurtha qui est encore étudiée dans les universités du monde entier.
Un roi algérien. Dans les programmes universitaires mondiaux. Inconnu de la plupart des Algériens de la diaspora.
Les savants que la Renaissance européenne doit à l'Algérie
L'âge d'or de la civilisation islamique VIIIe au XIIIe siècle a produit des savants dont les travaux ont structuré la pensée scientifique mondiale. Beaucoup d'entre eux sont originaires ou ont exercé dans ce qui est aujourd'hui l'Algérie.
Ibn Badis souverain ziride du XIe siècle basé à Constantine a fait de sa cour l'un des centres intellectuels les plus brillants de la Méditerranée. Sciences, philosophie, poésie, architecture une renaissance algérienne six siècles avant la Renaissance européenne.
Al-Wansharisi juriste et savant du XVe siècle, né à Tlemcen a produit une encyclopédie juridique monumentale qui fait encore référence dans les études de droit islamique comparé.
Tlemcen, capitale du royaume zianide aux XIIIe-XVIe siècles, était l'une des villes les plus cultivées du monde arabo-berbère. Ses médersas, ses bibliothèques, sa Grande Mosquée un patrimoine architectural et intellectuel qui rivalise avec les grandes capitales médiévales.
L'Europe a redécouvert la philosophie grecque grâce aux traductions arabes dont beaucoup ont transité par les centres intellectuels du Maghreb central, c'est-à-dire l'Algérie.
L'art rupestre le plus vieux du monde habité
Le Sahara algérien abrite certains des plus anciens témoignages de présence humaine et d'expression artistique de l'histoire.
Les gravures de l'Aïr et du Ténéré, les peintures de Tadrart Acacus mais surtout celles du Tassili n'Ajjer montrent des humains qui vivaient, chassaient, dansaient et croyaient en des choses sur ce territoire il y a plus de dix mille ans.
Dix mille ans de présence humaine continue sur le territoire algérien.
À titre de comparaison : Paris a deux mille ans. New York, quatre cents.
Pourquoi personne ne vous a raconté tout ça
La réponse courte : parce que la narration du patrimoine algérien n'a jamais été une priorité ni pour les institutions françaises qui ont longtemps effacé l'histoire précoloniale de leurs anciennes colonies, ni toujours pour les institutions algériennes qui ont parfois préféré le récit de la guerre d'indépendance à l'exploration d'une histoire plus ancienne et plus complexe.
Et parce que la diaspora algérienne elle-même occupée à survivre, à s'intégrer, à réussir n'a pas toujours eu le luxe de se retourner vers une histoire qu'on ne lui avait pas enseignée.
Ce n'est pas une honte. C'est une lacune. Et les lacunes se comblent.
Ce que Cercle DZ fait avec cette fierté
Cercle DZ ne s'arrête pas à la gastronomie.
Il documente et amplifie tout ce qui fait la richesse de la culture algérienne son histoire, son patrimoine, ses figures oubliées, ses savants effacés, ses reines guerrières, ses pyramides méconnues.
Parce qu'une communauté qui ne connaît pas sa propre grandeur ne peut pas la transmettre. Et une communauté qui ne transmet pas finit par disparaître pas dans la violence, mais dans l'oubli.
La série DZ Storytelling Talent commence par les restaurants. Elle ne s'arrêtera pas là.
L'Algérie que vous méritez de connaître
Des pyramides antérieures à l'empire romain. Un canyon classé UNESCO avec 12 000 ans d'art rupestre. Une reine guerrière qui a tenu Rome en échec. Un roi qui a humilié Rome. Des savants dont les travaux ont traversé les siècles. Des villes médiévales qui rivalisaient avec les plus grandes capitales du monde.
C'est votre histoire. Celle de votre famille. De votre territoire. De votre peuple.
Elle n'a pas besoin d'être inventée. Elle a besoin d'être racontée.
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Cercle DZ — La table qui rassemble la diaspora algérienne mondiale.
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