Le narratif qu'on nous impose
Ouvrez un journal. Regardez un débat télévisé. Lisez un thread Twitter sur "les Algériens en France".
Ce que vous trouvez le plus souvent : des discussions sur l'intégration, la délinquance, les banlieues, les consulats, les billets d'avion, les tensions identitaires.
Ce que vous ne trouvez presque jamais : les Algériens qui travaillent à la NASA. Ceux qui dirigent des laboratoires de l'Institut Pasteur. Ceux qui publient dans Nature et Science. Ceux qui opèrent des cerveaux dans les meilleurs hôpitaux du monde. Ceux qui codent les algorithmes qui font tourner des entreprises valorisées à plusieurs milliards.
Ce n'est pas qu'ils n'existent pas. C'est qu'on ne les montre pas.
Et quand on ne montre pas les modèles, les jeunes générations ne savent pas qu'ils existent. Et quand elles ne savent pas qu'ils existent, elles ne savent pas que c'est possible.
C'est le vrai coût du silence.
Ce que personne ne vous a dit
Dans les centres de recherche spatiaux
Des ingénieurs et scientifiques d'origine algérienne travaillent dans les plus grands centres de recherche aérospatiale du monde NASA, ESA, CNES. Formés en France ou en Algérie, ils ont intégré les équipes qui calculent des trajectoires orbitales, conçoivent des systèmes de propulsion, analysent les données de missions vers Mars.
Leurs noms n'apparaissent pas dans les médias grand public. Ils apparaissent dans les acknowledgements des publications scientifiques les plus exigeantes du monde ces lignes en petits caractères que personne ne lit, où on remercie les gens qui ont rendu la découverte possible.
À l'Institut Pasteur et dans la recherche médicale
L'Institut Pasteur l'une des institutions scientifiques les plus prestigieuses au monde compte dans ses rangs des chercheurs d'origine algérienne dont les travaux portent sur les maladies infectieuses, l'immunologie, la virologie.
Pendant la pandémie de Covid-19, des épidémiologistes et virologues d'origine algérienne ont contribué aux modélisations, aux protocoles, aux publications qui ont guidé les politiques de santé publique de plusieurs pays.
Leurs contributions ont sauvé des vies. Leur origine algérienne n'a pas été mentionnée une seule fois dans les grands médias.
Dans les universités et la recherche fondamentale
Des professeurs d'origine algérienne occupent des chaires dans les universités les plus prestigieuses du monde MIT, Stanford, Oxford, Polytechnique, Centrale, l'INSERM. En mathématiques, en physique, en chimie, en informatique, en sciences sociales.
Rachid Guerraoui
professeur à l'EPFL de Lausanne, l'une des meilleures écoles polytechniques du monde est une figure mondiale de l'informatique distribuée. Ses travaux sur les algorithmes de consensus sont cités dans des milliers de publications scientifiques. Ses étudiants sont dans les équipes de Google, Amazon, Microsoft.
Mohamed Belhadj
et des dizaines de mathématiciens algériens ont publié dans les revues les plus sélectives du monde Annals of Mathematics, Inventiones Mathematicae résolvant des problèmes ouverts depuis des décennies.
Dans la médecine
Des chirurgiens d'origine algérienne pratiquent dans les services les plus spécialisés des grands hôpitaux français, britanniques, américains et canadiens. Neurochirurgiens, cardiologues interventionnels, chirurgiens oncologiques des gens dont les mains sauvent des vies quotidiennement, formés souvent dans les deux pays, portant les deux cultures.
Dans la tech et l'intelligence artificielle
Des ingénieurs et chercheurs d'origine algérienne travaillent dans les équipes d'intelligence artificielle de Google DeepMind, Meta AI, OpenAI, Mistral. Ils contribuent à construire les systèmes qui vont définir le monde des prochaines décennies.
Ils sont là. Dans les open spaces de San Francisco, de Londres, de Paris. Avec leurs prénoms algériens sur leurs badges d'accès.
Pourquoi on n'en parle pas
Trois raisons honnêtement.
Premièrement : ils ne se mettent pas en avant.
La culture algérienne valorise la discrétion. On ne se vante pas. On travaille, on livre, on avance sans chercher les projecteurs. C'est une qualité admirable qui a un coût collectif : l'invisibilité des modèles.
Deuxièmement : les médias ne cherchent pas. Un Algérien en prison fait une information. Un Algérien qui publie dans Nature n'en fait pas. Ce n'est pas un complot. C'est la logique des médias le conflit capte l'attention, l'excellence silencieuse non.
Troisièmement : il n'existe pas d'infrastructure pour agréger ces parcours. Les success stories de la diaspora algérienne existent. Mais elles sont dispersées dans des CV LinkedIn que personne ne lit, dans des articles scientifiques en anglais, dans des conférences auxquelles la communauté n'est pas invitée. Il n'y a pas de lieu qui les centralise, les raconte, les amplifie.
Ce que ça coûte concrètement
Un jeune de 17 ans, fils ou fille de la diaspora algérienne, qui cherche des modèles dans sa communauté et qui ne trouve dans les médias que des représentations réductrices de ce que "les Algériens" font.
Il ou elle ne sait pas que quelqu'un qui lui ressemble travaille à la NASA. Ne sait pas qu'un chercheur algérien a contribué à un vaccin. Ne sait pas qu'un ingénieur algérien a écrit du code qui tourne sur des milliards d'appareils.
Sans modèles visibles, le champ du possible se rétrécit. Pas parce que le talent manque. Parce que l'imagination du possible manque.
C'est pour ça que l'invisibilité des figures d'excellence algériennes n'est pas seulement une injustice symbolique. C'est un coût réel, mesuré en trajectoires brisées avant même d'avoir commencé.
Ce que Cercle DZ fait
Cercle DZ documente l'excellence algérienne dans tous ses formats les restaurateurs, les artisans, les entrepreneurs, les chercheurs, les médecins, les ingénieurs, les artistes. Portrait après portrait, chaque histoire publiée est un modèle de plus rendu visible. Un article indexé par Google. Une référence que le prochain jeune de 17 ans pourra trouver quand il cherchera ce dont il est capable.
700+ professionnels référencés sur la plateforme. Des experts dans tous les secteurs. Une base de données vivante de l'excellence algérienne en diaspora.
Ce n'est pas exhaustif. C'est un début et c'est intentionnel.
Ce que vous pouvez faire
Nommez. Quand vous connaissez un Algérien d'excellence un chercheur, un médecin, un ingénieur, un entrepreneur nommez-le. Publiquement. Sur LinkedIn, sur Instagram, dans vos conversations. Sortez-le de l'invisibilité.
Transmettez. Si vous avez 35 ans et un parcours remarquable parlez-en à un jeune de 17 ans qui ne sait pas encore que c'est possible. Le mentoring informel est l'une des formes de solidarité les plus puissantes qui soit.
Signalez à Cercle DZ. Vous connaissez une figure d'excellence algérienne dont l'histoire mérite d'être racontée ? Écrivez-nous. La série DZ Storytelling Talent lui donnera un espace digne de son parcours.
La phrase qu'il faut retenir
L'Algérie n'a pas de problème de talent. Elle a un problème de narration.
Les ingénieurs sont là. Les chercheurs sont là. Les médecins sont là. Les entrepreneurs sont là.
Ce qui manque, c'est quelqu'un pour les montrer.
Cercle DZ est ce quelqu'un.
Plateforme app.cercle-dz.fr
Signaler un talent contact@cercle-dz.fr
Cercle DZ — La table qui rassemble la diaspora algérienne mondiale.
Vous connaissez un Algérien d'excellence dont personne ne parle?
Écrivez-nous. On s'occupe du reste.
Marc MAUCO
