De 7 dollars à Los Angeles : le parcours de Fethi Brahimi, l'entrepreneur algérien qui a réalisé le rêve américain.
Il y a des histoires qui méritent d'être racontées pas parce qu'elles sont parfaites mais parce qu'elles sont vraies.
Fethi Brahimi est né en Algérie, il a 54 ans, il vit à Los Angeles depuis 28 ans et quand on lui demande comment tout a commencé, il répond sans hésitation.
"J'avais 7 dollars dans ma poche."
Sept dollars. En 1998. À 26 ans. Dans une ville qu'il ne connaissait pas, dans un pays dont il ne parlait pas la langue.
Aujourd'hui, il dirige une société de conseil qui accompagne des entrepreneurs de la diaspora algérienne dans leurs projets d'investissement aux États-Unis.
Voici comment.
L'Algérie, la Thaïlande, et un premier échec formateur
Fethi Brahimi n'est pas parti directement en Amérique. Son aventure internationale a commencé par un détour.
Avant les États-Unis, il y a eu Bangkok. Un an en Thaïlande pour tenter de lancer un business. Une tentative qui n'aboutit pas. Un premier échec à l'internationale.
Pour beaucoup, ce genre d'expérience décourage et ramène au pays. Pour Fethi, ça l'a préparé.
"On apprend de nos échecs. C'est comme ça qu'on apprend, quand on a des échecs dans la vie."
Cette conviction, il la répète. Elle n'est pas un discours convenu. C'est une expérience vécue, répétée, intégrée.
1998 : Los Angeles, 7 dollars, et zéro excuse
En 1998, Fethi Brahimi débarque aux États-Unis. Il a 26 ans, une formation en comptabilité et fiscalité entamée en Algérie mais jamais terminée, et sept dollars dans la poche.
Le premier obstacle : la langue. Son anglais est quasi inexistant.
Sa réponse à ce problème est emblématique de ce qui fait sa personnalité.
Il trouve un emploi de voiturier dans un casino. Il travaille de 6h à 18h. Douze heures par jour.
Et chaque soir, après sa journée de travail, il rejoint les cours d'anglais gratuits de la Hollywood High School. Trois heures de cours. Cinq jours par semaine.
Six mois plus tard, il communique en anglais. Un an plus tard, il est bilingue.
"Il n'y a pas d'excuse pour ne pas apprendre la langue. Pas d'excuse."
Cette phrase dit tout sur l'état d'esprit qui a rendu possible tout ce qui a suivi.
Du valet parking à superviseur : la montée par le travail
Deux ans après son arrivée au casino comme voiturier, Fethi est promu superviseur. Il gère une équipe de 20 personnes.
En trois ans, il économise 40 000 dollars.
Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Quarante mille dollars, avec un salaire de voiturier dans un casino américain, en trois ans. Ce n'est pas un hasard. C'est de la discipline. De la frugalité. De la vision à long terme dans une période où beaucoup auraient dépensé ce qu'ils gagnaient.
Ces 40 000 dollars vont financer sa première tentative entrepreneuriale. Une boutique de vêtements à Anaheim.
Ça ne marche pas.
Il perd. Il rebondit. Il essaie autre chose.
Il perd encore.
"Ça m'a motivé encore plus."
2012 : la prise de risque qui change tout
Pendant des années, Fethi continue à travailler au casino. Il monte en grade. Son salaire est bon. Sa situation est stable.
Et en 2012, il démissionne.
La raison : un manager qui le traite mal. Il préfère partir avec 500 dollars sur son compte bancaire plutôt que de subir.
"J'avais un plan B."
Ce plan B, c'est une offre de carte de crédit à 0% d'intérêt pendant 18 mois pour 20 000 dollars. Il la saisit. Il lance une entreprise de limousines.
En huit mois, il rembourse les 20 000 dollars.
C'est son premier vrai succès entrepreneurial. Pas le plus spectaculaire en apparence. Mais celui qui lui prouve que le modèle fonctionne.
Paris, 2014 : le redressement inattendu d'un hôtel
En 2014, une situation imprévue se présente. L'hôtel de son père à Paris a besoin d'être géré. Fethi n'a aucune expérience hôtelière. Il prend quand même la mission.
En trois mois, il génère plus de 100 000 euros de profit.
Sans formation hôtelière. Sans connaissance préalable du secteur. Avec ce qu'il a appris en 16 ans d'entrepreneuriat américain : la rigueur, le sens du service client, et la capacité d'adaptation.
C'est dans ces moments qu'il formule une conviction qui le définit.
"Nous, les Algériens, on s'adapte, on est passe-partout. C'est incroyable."
Cette fierté n'est pas du nationalisme de bazar. C'est l'observation d'un homme qui a vécu dans trois pays, qui a géré des équipes multiculturelles, et qui a constaté par l'expérience que quelque chose dans la formation culturelle algérienne, dans la résilience construite dans l'adversité, dans la capacité à naviguer entre les cultures, crée des profils d'une adaptabilité rare.
Il choisit finalement de retourner aux États-Unis. Les contraintes administratives françaises et son attachement au mode de vie américain l'emportent.
Ce qu'il a appris sur le rêve américain
Fethi Brahimi avoue honnêtement qu'en arrivant aux États-Unis, il ne croyait pas au rêve américain.
Il l'appelait "a big lie."
Son opinion a changé. Pas par idéalisme. Par observation directe.
Pendant ses années dans le secteur hôtelier et de la restauration à Los Angeles, il a rencontré des dizaines de personnes qui étaient arrivées sans rien et qui étaient devenues millionnaires. Des histoires qu'il écoutait "bouche bée." Des trajectoires qu'il trouvait "incroyables."
"Le rêve américain existe. C'est 1%."
Cette nuance est importante. Il ne vend pas un fantasme. Il décrit une réalité accessible, mais difficile, exigeante, réservée à ceux qui sont prêts à payer le prix.
"Le succès, c'est pas donné. Il y a beaucoup de sacrifices, du travail derrière. Les personnes qui réussissent travaillent plus que moi et toi. Elles dorment parfois 4 heures par nuit."
Ce n'est pas un discours de motivation à bon marché. C'est le témoignage d'un homme qui a vu les deux côtés.
Sa formule pour réussir
Après 28 ans d'entrepreneuriat aux États-Unis, à travers des succès et des échecs multiples, dans des secteurs aussi différents que le valet parking, les vêtements, les limousines et l'hôtellerie, Fethi Brahimi a distillé sa vision en trois mots.
"Qualité, vision et customer service."
Qualité : ce que vous vendez doit être irréprochable. Pas moyen de construire quelque chose de durable sur un produit ou un service médiocre, surtout sur le marché américain où la concurrence est intense et les clients exigeants.
Vision : savoir où on va. Ne pas réagir aux événements mais les anticiper. Avoir un plan, même imparfait. Et le revoir régulièrement.
Customer service : le service client n'est pas un département. C'est une culture. La façon dont vous traitez vos clients détermine si vous en avez d'autres demain.
Ces trois piliers peuvent sembler simples. Leur exécution constante, cohérente, sur des années et des décennies, est ce qui les rend rares.
Ce qu'il fait aujourd'hui : être le pont
Fethi Brahimi dirige aujourd'hui une société de conseil avec un partenaire. Sa mission est d'accompagner des entrepreneurs qui veulent investir aux États-Unis, avec un ticket d'entrée à partir de 80 à 100 000 dollars.
Son positionnement est celui d'un pont. Un intermédiaire de confiance entre la diaspora algérienne et franco-algérienne et l'écosystème entrepreneurial américain.
"Il manque des contacts fiables. Je veux être ce canal."
Les dispositifs qu'il utilise pour ses clients incluent notamment les visas investisseurs E-2 et EB-5, deux statuts qui permettent à des étrangers d'obtenir un visa de résidence américain en échange d'un investissement dans une entreprise créatrice d'emplois.
Le visa E-2 est particulièrement accessible : il permet à des ressortissants de pays ayant un traité commercial avec les États-Unis (dont la France, mais pas l'Algérie directement) d'investir dans une entreprise américaine et d'y résider pour la gérer. C'est une porte d'entrée réelle, juridiquement encadrée, que beaucoup de membres de la diaspora franco-algérienne pourraient emprunter sans le savoir.
Ce que son parcours dit à la diaspora algérienne
Le parcours de Fethi Brahimi n'est pas exceptionnel au sens où il serait inaccessible. Il est exceptionnel au sens où il est le fruit d'un ensemble de choix cohérents sur 28 ans.
Choisir d'apprendre la langue, pas demain, maintenant, même épuisé après 12 heures de travail.
Choisir d'économiser plutôt que de dépenser, même quand on gagne bien.
Choisir de repartir après un échec, pas parce que c'est facile, mais parce que c'est la seule option qu'il s'autorise.
Choisir de partir d'un emploi stable plutôt que de subir, avec 500 dollars et un plan B.
Choisir de voir l'adaptation comme une force algérienne plutôt que comme une contrainte.
Ce sont des choix.
Pas des talents innés.
Pas une chance.
Des décisions prises dans des moments difficiles.
Et c'est précisément pourquoi son histoire est utile à la diaspora algérienne. Elle ne dit pas "regarde ce que j'ai accompli". Elle dit "voilà les décisions que j'ai prises, et voilà ce qu'elles ont produit."
Fethi Brahimi et Cercle DZ : la même conviction
Ce qui relie Fethi Brahimi à ce que Marc Mauco construit avec Cercle DZ, c'est une conviction partagée.
La diaspora algérienne n'a pas besoin d'aide. Elle a besoin de connexions. Elle a besoin d'interlocuteurs de confiance qui ont fait le chemin. Elle a besoin d'un cadre pour que ses talents, ses ambitions et ses ressources puissent se retrouver et se multiplier.
Fethi est ce pont vers les États-Unis. Cercle DZ est ce pont vers la communauté franco-algérienne et vers l'Algérie.
Et c'est en multipliant ces ponts, ces connexions, ces histoires partagées et ces compétences mises en commun, que la diaspora algérienne construit la force collective qu'elle mérite.
Si vous êtes entrepreneur, investisseur ou professionnel de la diaspora algérienne et que vous portez un projet, en France, en Algérie, aux États-Unis ou ailleurs : votre place est dans Cercle DZ.
Voir la Vidéo du Podcast sur Youtube MA vie de DZ à Los Angeles
Article rédigé par la rédaction Cercle DZ · Juillet 2026
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Liens utiles mentionnés dans cet article :
Visa E-2 (investisseur aux USA) : travel.state.gov
Visa EB-5 (investisseur immigrant) : uscis.gov
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Marc MAUCO
