Nacera Arsouli : 32 ans d'action humanitaire pour la diaspora algérienne, et une vision pour l'avenir

Article
Partager :
Nacera Arsouli : 32 ans d'action humanitaire pour la diaspora algérienne, et une vision pour l'avenir

Nacera Arsouli : 32 ans d'action humanitaire pour la diaspora algérienne et une vision pour l'avenir

Il y a des femmes dont on ne parle jamais assez.

Des femmes qui travaillent dans l'ombre depuis des décennies. Sans subvention. Sans reconnaissance officielle. Sans chercher les projecteurs. Juste avec la conviction que ce qu'elles font est nécessaire, et que personne d'autre ne le fera à leur place.

Nacera Arsouli est l'une d'elles.

32 ans de bénévolat au service de la diaspora algérienne en France.

32 ans d'actions humanitaires conduites avec une poignée de bénévoles, financées uniquement par des dons, sans jamais demander une subvention d'État.

32 ans de présence là où les autres ne regardent pas.

32 ans de terrain, sans subvention, sans reconnaissance officielle

Nacera Arsouli milite depuis 32 ans au sein d'une association loi 1901 dédiée à l'action humanitaire en direction de la communauté algérienne et, parfois, au-delà des frontières, vers la Tunisie.

La particularité de son engagement : il ne dépend d'aucun financement public.

"On n'a aucune subvention d'État. Nous travaillons qu'avec les dons. On s'est débrouillé qu'entre nous."

Cette indépendance financière n'est pas une contrainte subie. C'est un choix assumé. Celui d'une femme qui préfère la liberté d'action à la dépendance institutionnelle, qui sait que travailler pour l'Algérie peut parfois déplaire à ceux qui distribuent les financements, et qui a décidé depuis longtemps que ça n'était pas une raison de s'arrêter.

Avec quelques bénévoles fidèles, elle a construit une infrastructure de solidarité qui fonctionne depuis plus de trois décennies. Des distributions alimentaires. Des soutiens ponctuels à des familles en difficulté. Des actions en direction des étudiants algériens isolés. Des distributions de repas pendant tout le mois du Ramadan, dans les quartiers défavorisés, via son partenariat avec l'association Les Mains Généreuses.

Le Covid : deux mois en première ligne quand tout était arrêté

Il y a dans le parcours de Nacera Arsouli un épisode qui mérite d'être raconté en détail.

Pendant le confinement de 2020, quand les mosquées sont fermées, quand les associations suspendent leurs activités, quand la France entière est à l'arrêt, Nacera et son équipe continuent.

Elle écrit au recteur de la Grande Mosquée de Paris.

Le message est direct : les prières sont suspendues, mais il y a des gens qui ont faim. Elle et ses collègues travaillent dans le paramédical, ils ont leurs cartes professionnelles, ils peuvent sortir malgré le confinement.

Est-ce que la mosquée peut les autoriser à utiliser ses locaux pour organiser des distributions alimentaires ?

La réponse est positive.

Pendant deux mois, l'équipe de Nacera sillonne Paris en voiture, identifie les familles dans le besoin, leur envoie des SMS discrets pour qu'elles puissent venir chercher des colis alimentaires. La Grande Mosquée de Paris finance une partie des courses.

"On est resté deux mois là-bas."

Deux mois de présence quotidienne, pendant la période la plus difficile qu'ait connue la France depuis des décennies, au service des plus vulnérables de la communauté.

Personne n'a fait de communiqué de presse.

Personne n'a posté de photo sur Instagram. L'action a été faite parce qu'elle était nécessaire, pas pour être vue.

"La diaspora est très bien organisée en France"

Ce que dit Nacera Arsouli sur l'organisation de la diaspora algérienne en France est important et trop rarement entendu.

"Il faut quand même signaler que nous sommes très bien organisés en France."

Elle le dit avec conviction, en s'appuyant sur son expérience de terrain. Des cercles de networking comme Cercle DZ, des associations comme Les Mains Généreuses.

Des réseaux de solidarité informels qui fonctionnent sans bruit depuis des années. Des femmes et des hommes qui, sans attendre l'aide de personne, ont construit les infrastructures de soutien dont leur communauté avait besoin.

Cette organisation existe, elle est réelle, elle est efficace et elle est invisible pour ceux qui ne la cherchent pas.

Ce qu'elle pointe aussi, c'est le potentiel encore inexploité de cette organisation. Tout ce qui serait possible si ces initiatives dispersées pouvaient se connecter, coordonner leurs efforts, partager leurs ressources.

C'est exactement la conversation qu'elle engage avec Cercle DZ.

Sa fille Soraya : journaliste de la diaspora à Canal Algérie

Le parcours de Nacera Arsouli ne se résume pas à son engagement personnel. Il rayonne aussi à travers sa famille.

Sa fille Soraya a commencé sa trajectoire professionnelle par un stage à Canal Algérie. Aujourd'hui, elle est journaliste spécialisée dans les sujets diaspora sur cette même chaîne.

C'est un relais précieux.

Une porte ouverte vers la visibilité médiatique pour les actions de la communauté et un signal fort que la transmission fonctionne : une mère qui consacre 32 ans de sa vie à la communauté algérienne, une fille qui choisit de la raconter au monde.

Nacera évoque cette connexion avec simplicité, comme une évidence : "De toute façon, on a une entrée sur Canal Algérie sans problème. Quand tu veux, quand vous voulez, quand Mounia est prête, on pourra aller passer."

Pourquoi elle a rejoint Cercle DZ

Nacera Arsouli ne cherchait pas un réseau de networking au sens conventionnel du terme. Elle cherchait quelque chose de plus substantiel.

"J'ai fait appel à l'Europe, à tout le monde. Et j'ai pris fier avec Cercle DZ. Parce que comme ça on va pouvoir faire des choses, y compris dans l'investissement, y compris dans l'humanitaire, y compris dans la santé. Comme ça les gens vont voir qu'un cercle est solide."

Ce qu'elle exprime ici est fondamental, cercle DZ n'est pas pour elle un outil de visibilité personnelle.

C'est un levier pour amplifier ce qu'elle fait déjà pour connecter son réseau d'action humanitaire avec des investisseurs, des professionnels de santé, des entrepreneurs de la diaspora qui ont des ressources et des compétences complémentaires aux siennes.

Elle a même mentionné qu'elle souhaitait qu'un jour, son association puisse avoir un siège en Algérie. Travailler de manière encore plus directe avec le pays. Créer des ponts encore plus solides entre la diaspora en France et la réalité algérienne.

Sa fille a adhéré à Cercle DZ et Nacera prévoit de participer à la prochaine table networking, mère et fille, ensemble.

Ce qu'elle a défendu à la Foire de Paris

Un détail de son témoignage mérite qu'on s'y arrête.

Nacera Arsouli a représenté la culture algérienne à la Foire de Paris.

Ce n'est pas anodin. La Foire de Paris est l'un des événements grand public les plus fréquentés de France. Y être présente pour défendre la culture algérienne, c'est porter l'image du pays devant des dizaines de milliers de visiteurs qui n'ont peut-être jamais mis les pieds en Algérie.

C'est exactement ce rôle d'ambassadrice culturelle que la diaspora peut jouer, et que trop peu de ses membres assument publiquement.

Ce que son parcours dit à toutes les femmes de la diaspora

Le témoignage de Nacera Arsouli est une leçon de plusieurs choses simultanément.

Il dit que l'impact ne se mesure pas à la subvention reçue. 32 ans d'action humanitaire financée uniquement par des dons, et une infrastructure de solidarité qui fonctionne réellement sur le terrain.

Il dit que la présence compte plus que la visibilité.

Pendant le Covid, pendant les Ramadans, pendant les moments difficiles, c'est sur le terrain que ça se passe, pas sur les réseaux sociaux.

Il dit que la transmission est possible. Une fille qui devient journaliste de la diaspora, qui raconte ces histoires au grand public, dans le prolongement naturel de ce que sa mère construit depuis trois décennies.

Et il dit que les femmes algériennes de la diaspora sont, depuis toujours, des piliers de leur communauté. Silencieuses souvent. Essentielles toujours.

C'est pour elles et grâce à elles que DZs Woman existe au sein de Cercle DZ : un espace privé, bienveillant, réservé aux femmes de la diaspora algérienne qui veulent se connecter, s'entraider, et construire ensemble.

Nacera Arsouli incarne exactement l'esprit de cet espace.

Rejoindre DZs Woman gratuitement

Rejoindre Cercle DZ

Article rédigé par la rédaction Cercle DZ · Septembre 2026

Merci à Nacera Arsouli pour son témoignage et ses 32 ans d'engagement au service de la communauté algérienne.

Contact : contact@cercle-dz.fr

Liens utiles :

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

💬 Commentaires (0)

Soyez le premier à commenter cet article !

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié

Votre commentaire sera publié après validation par notre équipe.