Zara, Inditex, et les enseignes qui ont quitté l'Algérie : ce que la règle du Made in Algeria change pour tout le monde

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Zara, Inditex, et les enseignes qui ont quitté l'Algérie : ce que la règle du Made in Algeria change pour tout le monde

Zara, Inditex, et les enseignes qui ont quitté l'Algérie : ce que la règle du Made in Algeria change pour tout le monde

En décembre 2024, les boutiques Zara, Pull&Bear, Stradivarius et Bershka ont fermé leurs portes à Oran, en Juillet 2026 c'est à Bab Ezzouar à Alger que les boutiques subissent le meme sort.

Une vingtaine de magasins du groupe espagnol Inditex, présents depuis plusieurs années dans les centres commerciaux algérois et oranais, ont baissé leur rideau. Interrogé par Reuters, Inditex a confirmé la fermeture "temporaire" de ses magasins franchisés, tout en assurant ne pas envisager de cesser définitivement ses activités dans le pays. TSA

Deux mois plus tard, la presse algérienne qualifiait déjà la situation de quasi-définitive, aucune réouverture n'ayant été amorcée.

Cette fermeture n'est pas un accident, c'est le signal le plus visible d'une transformation profonde de la politique économique algérienne vis-à-vis des enseignes étrangères. Une transformation qui récompense les marques qui jouent le jeu, et qui sanctionne celles qui ne l'ont pas fait.

Ce que l'Algérie exige des enseignes étrangères

L'Algérie a engagé depuis plusieurs années une politique volontariste de réduction des importations et de développement de la production nationale. Dans le secteur du textile et de l'habillement, cette politique se traduit par une règle simple mais contraignante : les enseignes étrangères qui veulent accéder au marché algérien ne peuvent plus se contenter d'importer leurs produits pour les revendre en l'état.

Le taux d'intégration industrielle locale de l'Algérie n'est que de 15%, ce qui signifie que 85% des matières premières et équipements utilisés par les entreprises algériennes sont importés en devises. C'est précisément ce déséquilibre que les autorités cherchent à corriger, secteur par secteur. Commerce Algeria

Le président Tebboune a affirmé que les entreprises industrielles algériennes étaient appelées à augmenter le taux d'intégration nationale, insistant sur la nécessité de porter ce taux à pas moins de 50%, avec l'objectif d'atteindre 100% dans certaines filières. Algeria Invest

Pour les franchises étrangères dans le textile, la conséquence est directe : importer pour revendre en l'état n'est plus un modèle viable.

La règle, clairement posée, est celle de la production locale progressive.

Pourquoi Inditex n'a pas passé le cap

La fermeture des magasins du groupe espagnol remet en cause le projet annoncé en avril 2023 par le ministre du Commerce Tayeb Zitouni de fabriquer les articles de ces marques dans l'usine de textile algéro-turque de Relizane.

Le scénario était pourtant tracé. En 2023, Inditex avait signé un protocole d'accord avec le complexe Tayal pour produire localement une partie de ses collections. Le projet existait sur le papier. Il ne s'est pas concrétisé à la vitesse exigée par le cadre réglementaire.

La réglementation algérienne de l'importation a connu sur la période 2024-2025 plusieurs ajustements qui ont directement affecté les opérateurs important pour revente en l'état. En mai 2025, la Direction du commerce de la wilaya d'Alger a fixé une échéance impérative aux opérateurs ayant bénéficié d'autorisations d'importation, leur imposant de produire une série de documents sous peine de complications administratives.

Pour un modèle économique comme celui d'Inditex, qui repose sur des collections renouvelées toutes les deux à trois semaines et un approvisionnement mondial ultra-optimisé, l'obligation de produire localement une part croissante des produits commercialisés en Algérie représente une contrainte structurelle difficile à absorber sans repenser entièrement la chaîne logistique.

Même si certaines enseignes internationales continuent de prospérer dans le pays, telles que Adidas, Nike, Décathlon, Kiabi, Celio et bien d'autres, l'absence de marques phares comme Zara est particulièrement ressentie. Algerie Eco

Tayal : l'outil industriel qui change tout

Pour comprendre la stratégie algérienne, il faut comprendre ce qu'est Tayal.

Le complexe textile Tayal, situé dans la zone industrielle de Sidi Khettab dans la wilaya de Relizane est la plus grande usine textile d'Afrique.

Il est le fruit d'un partenariat entre la société turque INTERTAY, filiale du groupe TAY, et les entreprises publiques algériennes C&H Group, TEXALG et MADAR Holding.

Tayal exporte déjà vers plusieurs régions du monde : Europe, Tunisie, Asie, Amérique du Sud. Plus de 60% de sa production de tissus est destinée à l'exportation.

C'est sur cette infrastructure que repose toute la politique de production locale des marques internationales.

Tayal fournit la matière première, les capacités de production, et le savoir-faire industriel. Les marques internationales apportent leur label, leur design et leurs réseaux de distribution. Le résultat : du Made in Algeria commercialisé en Algérie et potentiellement exporté vers l'Afrique et l'Europe.

Les marques qui ont choisi de jouer le jeu

Pendant qu'Inditex fermait ses boutiques, d'autres enseignes faisaient le choix inverse. Celui de s'adapter, de produire localement, et d'inscrire leur présence en Algérie dans la durée.

Des marques emblématiques comme Zara (partiellement), Levi's, Lacoste, Decathlon, Mango, Celio, Defacto, Joma Algérie, Okaïdi, Skechers, Etam, Undiz, Kiabi, Parfois ou La Vie en Rose ont déjà relocalisé une partie de leur production en Algérie. Algerieinvest

Ces accords ont permis la production en Algérie de marques internationales telles que Mango, Okaïdi, GiFi, Parfois, Celio, Jennyfer, LC Waikiki, Maison 123, Undiz, Etam, Devred 1902, Lacoste et Decathlon. Algerie Eco

Decathlon, première marque à entrer dans cette dynamique en février 2023, commercialise dans sa première phase dix-huit produits fabriqués en Algérie. Le groupe français a prévu de produire à terme deux millions de pièces par an via Tayal, dont une partie destinée à l'exportation vers les pays africains.

En janvier 2026, le Salon des marques internationales Made in DZ tenu à Alger a réuni une vingtaine de marques internationales produisant localement, principalement dans le textile, l'habillement et les chaussures. Zara, Mango, Lacoste, Levi's, Celio, DeFacto, Etam, Undiz et Kiabi étaient présentes, toutes avec une production locale partielle et une commercialisation active de produits Made in Algeria.

Deux stratégies, deux destins

La comparaison entre les enseignes qui restent et celles qui sont parties dit quelque chose d'important sur la façon dont il faut aborder le marché algérien.

Les marques qui ont réussi à maintenir leur présence ont compris que l'Algérie ne voulait plus être un débouché passif pour des produits fabriqués ailleurs. Elle veut être un territoire de production, un hub industriel, un marché qui crée de la valeur locale plutôt que d'en exporter.

Le but affiché par les autorités algériennes est de remplacer les importations par une production Made in Algeria, avec de la matière première locale, en vue de réduire les importations et de commencer à exporter massivement vers d'autres pays. El Moudjahid

Les marques qui l'ont compris ont signé des accords, adapté leurs chaînes de production, et construit une présence industrielle sur le territoire. Celles qui ont continué à fonctionner sur le modèle de l'importation pure ont finalement subi les conséquences d'un cadre réglementaire qui ne leur laissait plus le choix.

Ce que ça dit du marché algérien pour les investisseurs diaspora

Cette transformation du textile algérien est un cas d'école pour tous les entrepreneurs et investisseurs de la diaspora qui regardent l'Algérie comme un marché d'avenir.

Le message des autorités algériennes est cohérent et répété depuis plusieurs années : venir vendre en Algérie sans créer de valeur locale n'est plus un modèle viable mais venir produire en Algérie, créer des emplois, former des compétences, et contribuer à la montée en gamme de l'industrie nationale, c'est un modèle que l'État accompagne activement.

Le ministre du Commerce extérieur Kamel Rezig a affirmé que l'Algérie a franchi des étapes cruciales dans l'intégration locale des grandes marques internationales de prêt-à-porter, avec l'objectif de transformer l'Algérie en un véritable hub régional de production et d'exportation. Arab News

Pour un entrepreneur franco-algérien qui connaît les deux marchés, cette dynamique est une opportunité réelle. Être l'intermédiaire entre une marque internationale et le marché algérien, développer une activité de production locale dans un secteur en structuration, ou investir dans la chaîne de valeur textile algérienne : ce sont des positionnements que la politique industrielle algérienne rend aujourd'hui plus accessibles et mieux accompagnés qu'ils ne l'ont jamais été.

Face au retrait de certaines enseignes, des acteurs locaux se positionnent. Toufik Berkani, PDG du groupe Getex, a annoncé un projet de lancement de quatre nouvelles marques algériennes de prêt-à-porter conçues par des designers locaux, avec l'ambition explicite de combler le vide laissé par le départ des enseignes internationales.

Le vide laissé par ceux qui n'ont pas su s'adapter est une invitation pour ceux qui comprennent les nouvelles règles.

La fermeture des boutiques Inditex en Algérie n'est pas un accident de parcours. C'est la conséquence logique d'une politique industrielle claire : les enseignes étrangères qui veulent accéder au marché algérien doivent produire localement, progressivement mais réellement.

Les marques qui ont choisi de jouer ce jeu, Decathlon, Lacoste, Levi's, Mango, Celio, Kiabi, Lacoste et beaucoup d'autres, sont aujourd'hui présentes, visibles, et bénéficient d'une relation commerciale avec le marché algérien que leurs concurrents ont perdue.

Pour la diaspora entrepreneuriale, le message est le même qu'il s'applique au textile, aux services, ou à n'importe quel autre secteur : l'Algérie de 2026 récompense ceux qui viennent créer de la valeur, pas ceux qui viennent seulement en extraire.

Cercle DZ accompagne les entrepreneurs de la diaspora qui veulent comprendre ces dynamiques et s'y positionner intelligemment. L'annuaire de professionnels référencés, le forum Entrepreneuriat, et le DZ Business Trip d'octobre 2026 sont les outils concrets pour avancer avec les bons interlocuteurs.

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Article rédigé par la rédaction Cercle DZ · Juillet 2026

Sources : TSA Algérie, Maghreb Emergent, Algérie 360, Arab News FR, El Moudjahid, La Sentinelle, Algérie Eco, Agence Ecofin.

Contact : contact@cercle-dz.fr

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