Il y a des nouvelles qui changent quelque chose de profond
Pas les nouvelles qui font du bruit une journée et disparaissent le lendemain. Les nouvelles qui s'installent qui modifient quelque chose dans la manière dont une communauté se perçoit et dont le monde la perçoit.
La création de la Chaire Émir Abdelkader et de la Salle de l'Algérie au Centre d'études islamiques de l'Université d'Oxford est de celles-là.
Oxford. L'une des deux ou trois universités les plus prestigieuses du monde. Celle dont le nom seul suffit à qualifier une idée, à légitimer une pensée, à ancrer une culture dans la cartographie de l'excellence mondiale.
Et dans cette université-là dans ses couloirs de pierre séculaires, parmi les grandes chaires qui portent les noms des penseurs qui ont défini la civilisation occidentale l'Algérie entre.
Avec son nom.
Avec son histoire.
Avec l'un de ses fils les plus remarquables.
Pour la diaspora algérienne qui se bat depuis des années pour exister au-delà des clichés, pour être vue autrement que par le prisme des polémiques médiatiques, pour faire reconnaître la profondeur et la richesse de sa civilisation ce n'est pas une nouvelle parmi d'autres.
C'est un signal.
Qui était l'Émir Abdelkader et pourquoi Oxford
Avant de mesurer ce que cette chaire change, rappelons qui elle honore. Parce que beaucoup, y compris dans la diaspora algérienne, ne connaissent de l'Émir Abdelkader que le nom sans toujours connaître la profondeur extraordinaire du personnage.
L'Émir Abdelkader, Abd el-Kader ibn Muhieddine, né en 1808 près de Mascara, mort à Damas en 1883 est l'une des figures les plus complexes et les plus remarquables du XIXe siècle mondial.
Chef militaire d'abord il a mené pendant quinze ans une résistance organisée, stratégique, courageuse contre la colonisation française. Une résistance reconnue même par ses adversaires pour sa rigueur et son humanité. Il imposait à ses troupes le respect des prisonniers, le traitement humain des blessés ennemis des principes que la Convention de Genève n'allait codifier que des décennies plus tard.
Humaniste ensuite en exil à Damas, il a risqué sa vie et celle de ses proches pour protéger des milliers de chrétiens et de juifs lors des massacres de 1860. Il a ouvert sa maison, ses ressources, son réseau pour sauver ce qui pouvait l'être. Napoléon III, Abraham Lincoln, le Pape lui ont rendu hommage.
Penseur enfin, philosophe soufi, poète, théologien, l'Émir Abdelkader a produit une œuvre intellectuelle d'une profondeur remarquable. Son Kitab al-Mawaqif "Le Livre des Haltes" est un monument de la pensée islamique classique, encore étudié aujourd'hui par les spécialistes du mysticisme.
Voilà l'homme qu'Oxford choisit d'honorer. Voilà l'Algérie qu'Oxford choisit de représenter.
Pas l'Algérie des polémiques. L'Algérie des idées, de l'humanisme, du courage moral.
Ce que la Chaire et la Salle de l'Algérie représentent concrètement
La Chaire Émir Abdelkader au Centre d'études islamiques d'Oxford n'est pas honorifique. Elle est opérationnelle.
Elle ouvre des bourses de recherche dédiées à l'étude de la pensée de l'Émir Abdelkader son humanisme, sa philosophie soufie, son approche du dialogue interreligieux, sa résistance fondée sur des principes éthiques plutôt que sur la seule logique militaire.
Ces bourses sont accessibles en priorité à des chercheurs algériens y compris ceux issus de la diaspora algérienne mondiale.
La Salle de l'Algérie crée un espace physique dédié à la culture et à l'histoire algériennes au sein de l'une des institutions académiques les plus visitées et les plus respectées du monde.
Ce sont des ressources académiques réelles. Des financements. Des programmes. Des reconnaissances institutionnelles qui vont générer des publications, des conférences, des échanges et qui vont ancrer durablement l'Algérie dans le paysage intellectuel mondial de premier rang.
Ce que ça change pour la diaspora algérienne au-delà du symbole
Soyons précis. Parce que la portée de cette initiative dépasse largement la dimension symbolique réelle et importante pour atteindre quelque chose de plus concret.
Un point d'ancrage académique dans l'excellence mondiale
La diaspora algérienne en France se bat quotidiennement contre une représentation réductrice de sa communauté. Les médias, les discours politiques, les représentations culturelles dominantes peinent à voir au-delà de certains clichés immigration, intégration, polémiques identitaires.
Avoir une chaire portant le nom d'un intellectuel algérien du XIXe siècle dans l'université la plus prestigieuse du monde change quelque chose dans cet espace de représentation.
Ça dit avec l'autorité d'Oxford, pas avec celle d'une association communautaire que la pensée algérienne a sa place dans les espaces d'excellence mondiale. Que la civilisation algérienne produit des figures dont la complexité et la profondeur méritent une étude académique sérieuse. Que l'Algérie n'est pas seulement un sujet de politique migratoire c'est une civilisation avec une histoire intellectuelle riche et un apport réel à la pensée universelle.
Des opportunités concrètes pour les chercheurs de la diaspora
Les bourses de recherche ouvertes en priorité aux chercheurs algériens de la diaspora sont une opportunité réelle pas seulement symbolique.
Des docteurs, des post-doctorants, des chercheurs confirmés de la diaspora algérienne qui travaillent sur l'histoire islamique, la philosophie soufi, l'éthique de la résistance, le dialogue interreligieux, la pensée humaniste peuvent candidater à des financements qui les amèneront à Oxford. Qui les intégreront dans des réseaux académiques mondiaux. Qui leur donneront une plateforme internationale pour leurs travaux.
Pour un chercheur algérien de diaspora qui a souvent dû justifier la légitimité de son sujet avant même de l'exposer accéder à un programme Oxford change radicalement la dynamique.
Un modèle de soft power que la diaspora peut activer
L'Émir Abdelkader est une figure qui transcende les clivages habituels. Il est algérien et humaniste universel. Il est musulman et défenseur de chrétiens et de juifs. Il est résistant à la colonisation et admiré par Lincoln, Napoléon III et le Pape.
Ce profil-là est une arme de soft power exceptionnelle dans le contexte actuel où la diaspora algérienne cherche précisément à sortir des catégories étroites dans lesquelles on l'enferme trop souvent.
La pensée de l'Émir Abdelkader son humanisme, son pluralisme, son éthique de la résistance non-violente est un patrimoine intellectuel que la diaspora algérienne peut porter avec fierté dans tous les espaces : académiques, professionnels, culturels, politiques.
Oxford vient de lui donner une caisse de résonance mondiale.
Un signal aux institutions et aux décideurs
Quand Oxford crée une chaire algérienne, ça envoie un signal aux autres institutions académiques, culturelles et économiques mondiales.
L'Algérie et par extension sa diaspora mérite une attention sérieuse. Ses intellectuels méritent d'être étudiés. Son histoire mérite d'être enseignée. Sa culture mérite d'être représentée dans les espaces d'excellence.
Ce signal-là peut déclencher des effets en chaîne d'autres institutions qui s'intéressent à la pensée algérienne, d'autres bourses, d'autres programmes, d'autres espaces de reconnaissance.
L'Émir Abdelkader et la diaspora algérienne une filiation naturelle
Il y a quelque chose de profondément juste dans le choix de l'Émir Abdelkader comme figure tutélaire de cette initiative.
L'Émir Abdelkader a lui-même vécu l'expérience de l'entre-deux. Chef de guerre algérien, il a passé une grande partie de sa vie en exil à Amboise, à Pau, finalement à Damas. Il a navigué entre les cultures, les religions, les empires. Il a maintenu son identité algérienne et musulmane tout en développant une pensée universaliste et ouverte sur l'autre.
Il est, en ce sens, le premier grand représentant de ce que la diaspora algérienne incarne aujourd'hui : une double appartenance assumée, une identité forte qui ne s'oppose pas à l'ouverture mais la nourrit.
Les Algériens de France qui se sentent "ni de là-bas ni d'ici" qui cherchent un modèle de double appartenance vécue comme force plutôt que comme contradiction ont dans l'Émir Abdelkader une figure tutélaire remarquable.
Oxford vient de le confirmer avec l'autorité qu'on lui reconnaît.
Ce que Cercle DZ fait avec ce signal
Marc Mauco, fondateur de Cercle DZ, a construit la plateforme autour d'une conviction centrale : le capital intellectuel, culturel et économique de la diaspora algérienne est réel et mérite une infrastructure à sa hauteur.
La Chaire Émir Abdelkader à Oxford est une confirmation externe, prestigieuse et inattendue de cette conviction.
Cercle DZ s'en empare concrètement.
En relayant et amplifiant cette information dans toutes ses communautés pour que chaque membre de la diaspora algérienne soit informé, fier, et comprenne les opportunités que ça crée.
En connectant les chercheurs de la diaspora qui pourraient candidater aux bourses Oxford avec les membres du réseau Cercle DZ qui peuvent les aider introductions, recommandations, contacts dans les institutions académiques britanniques.
En intégrant la pensée de l'Émir Abdelkader dans le corpus éditorial de la série DZ Storytelling Talent pour que les jeunes générations de la diaspora connaissent mieux cette figure et comprennent ce qu'elle peut leur apporter.
En utilisant ce signal comme levier dans les conversations avec les institutions, les partenaires, les investisseurs pour montrer que la diaspora algérienne s'ancre dans une tradition intellectuelle et humaniste de premier ordre.
Ce qu'Oxford dit sans le dire
Il y a une lecture entre les lignes de cette initiative qu'il faut faire.
Quand Oxford crée une chaire algérienne, ce n'est pas de la charité académique. Oxford ne crée pas des chaires par philanthropie elle les crée parce qu'elle voit une richesse intellectuelle réelle à explorer, une communauté académique à engager, un espace de recherche fertile.
Ce que Oxford dit, en creux : la pensée algérienne a une valeur académique internationale. Les intellectuels algériens ont des choses à apporter au débat mondial. La communauté algérienne en Algérie et dans sa diaspora est une communauté avec laquelle il faut compter.
Pour une diaspora qui se bat souvent pour exister autrement que comme "problème à intégrer" dans le débat public français cette reconnaissance venant d'une institution de ce niveau est précieuse.
Elle ne règle pas les discriminations. Elle ne corrige pas les mauvais référencements. Elle ne protège pas les restaurants algériens des faux avis.
Mais elle modifie quelque chose dans l'espace de représentation quelque chose de profond et de durable.
Elle dit : cette communauté a une histoire, une pensée, une civilisation et Oxford le reconnaît.
Pour aller plus loin
Vous êtes chercheur ou doctorant algérien intéressé par les bourses de recherche liées à la Chaire Émir Abdelkader à Oxford ? Cercle DZ peut vous mettre en contact avec des membres du réseau qui ont des connexions dans les institutions académiques britanniques. Écrivez-nous.
Vous voulez en savoir plus sur la pensée de l'Émir Abdelkader et son rapport à l'identité algérienne contemporaine ? Suivez la série éditoriale DZ Storytelling Talent sur cercle-dz.fr un article dédié est en préparation.
Vous voulez rejoindre le réseau Cercle DZ et faire partie de la communauté qui pense, construit et valorise la diaspora algérienne ? La plateforme est sur app.cercle-dz.fr.
Rejoindre Cercle DZ
Fondateur Marc Mauco
Plateforme app.cercle-dz.fr
Contact contact@cercle-dz.fr
Cercle DZ — La table qui rassemble la diaspora algérienne mondiale.
L'Algérie entre à Oxford. La diaspora algérienne entre dans l'histoire mondiale de la pensée. C'était déjà vrai. Oxford vient de le confirmer.
Partagez cet article ,c'est offrir à quelqu'un une fierté qu'il méritait de ressentir.
Marc MAUCO
