Ce soir-là, personne ne se connaissait
Dix-neuf heures trente. Un restaurant algérien du 11e arrondissement de Paris. Une table ronde de six couverts, dressée comme pour une famille sauf qu'on n'est pas une famille. On ne s'est jamais vus.
L'algorithme nous a mis là. Il a croisé nos secteurs, nos objectifs, nos disponibilités et il a décidé qu'on avait quelque chose à se dire.
On arrive les uns après les autres. On se serre la main avec ce mélange particulier de curiosité et de légère appréhension qui caractérise toutes les premières fois.
Et puis on s'assoit. Et quelque chose commence.
Les cinq
Lylia arrive de Montréal pour dix jours. Ingénieure en intelligence artificielle dans une scale-up québécoise. Née à Tizi Ouzou, partie à 22 ans pour un master, restée par amour d'abord, par carrière ensuite. Elle parle avec les mains. Elle commande en darija sans hésiter et ça fait sourire le serveur.
Karim est médecin urgentiste à Paris. Deuxième génération. Ses parents sont de Constantine. Lui ne parle presque pas arabe il le dit lui-même, sans honte, dès les présentations. "Mon algérien, c'est dans la cuisine et dans la musique. Ailleurs je cherche encore."
Nadia est juriste à Bruxelles. Spécialisée en droit des affaires international. Elle travaille régulièrement sur des contrats impliquant des entreprises algériennes et elle a passé trois ans à naviguer dans un système juridique qu'elle ne comprend pas toujours malgré ses diplômes. "J'ai besoin de quelqu'un qui connaît les deux côtés. Vraiment."
Yacine est entrepreneur à Dubaï. Il a monté deux boîtes une qui a marché, une qui n'a pas marché. Il est revenu sur ses pieds. Il cherche maintenant à investir en Algérie dans l'immobilier d'abord, dans l'agroalimentaire ensuite. Il a les fonds. Il n'a pas le réseau local fiable.
Sonia est développeuse fullstack à Londres. Travaille pour une fintech. Elle envisage de monter sa propre structure une boîte tech qui adresserait le marché algérien. Elle cherche un associé commercial qui connaît le terrain.
Six personnes.
Cinq pays.
Une table.
Ce qui s'est passé
Les premières minutes sont polies. Les présentations, les sourires, les "vous faites quoi exactement ?".
Et puis les plats arrivent. Le couscous, la chorba, la brick. Quelque chose se détend.
Karim fait une blague sur son arabe inexistant. Lylia répond en kabyle exprès. Tout le monde rit y compris ceux qui n'ont rien compris. La glace est cassée par la langue, comme souvent dans cette communauté.
Nadia parle de ses galères avec les contrats algériens. Yacine l'interrompt pas pour couper la parole, mais parce qu'il vit exactement la même chose depuis l'autre côté. "Moi j'ai le projet, toi t'as le cadre juridique. On devrait se parler."
Sonia explique son idée de boîte tech. Lylia sort son téléphone pas pour scroller, pour noter. "J'ai un contact à Alger qui cherche exactement ce que tu décris. Je te le donne ce soir si tu veux."
Karim écoute, participe, pose des questions. Il ne cherche rien de précis ce soir juste à rencontrer des gens qui lui ressemblent sans qu'il ait à expliquer qui il est. "En France, je suis toujours en train de me justifier d'un côté ou de l'autre. Là, c'est reposant."
Deux heures passent. On n'a pas vu le temps.
Ce que j'ai compris
Première chose. L'Algérie n'est pas un pays pour ces gens. C'est une fréquence. Une façon de se reconnaître qui ne passe pas par le passeport, par le niveau d'arabe ou par le nombre de fois qu'on est allé là-bas. Elle passe par quelque chose de plus diffus une référence commune, un humour partagé, une manière de faire confiance qui s'installe plus vite qu'avec d'autres.
Deuxième chose. Ce que la diaspora algérienne cherche, ce n'est pas de la nostalgie. Ce n'est pas une soirée communautaire avec des chants et des danses.
C'est de l'utilité. Des connexions qui servent à quelque chose le lendemain matin. Des gens avec qui on peut faire des choses pas seulement se souvenir.
Troisième chose. La fragmentation géographique de la diaspora est un actif, pas un handicap à condition d'avoir une infrastructure pour la connecter. Lylia à Montréal connaît des gens que Yacine à Dubaï cherche. Nadia à Bruxelles a des compétences que Yacine à Dubaï paierait cher. Sonia à Londres a un projet que Lylia à Montréal peut accélérer.
Ces connexions ne se font pas par hasard. Elles se font autour d'une table, quand quelque chose ou quelqu'un les a décidées.
Quatrième chose. La table change quelque chose que LinkedIn ne change pas. Manger ensemble, c'est un engagement tacite. On ne peut pas disparaître après un repas comme on disparaît après un message non lu. On a partagé quelque chose. On se souvient du visage. On se souvient de la blague sur le kabyle. On se souvient que Karim a commandé deux fois la chorba.
Ce souvenir-là, c'est le début d'un réseau réel.
Ce qui s'est passé après
Yacine et Nadia ont eu un appel la semaine suivante. Ils travaillent ensemble sur un dossier depuis.
Sonia a été mise en contact avec le réseau algérien de Lylia à Montréal. Un premier appel exploratoire a eu lieu.
Karim est revenu à une deuxième table. Il dit que c'est la première fois qu'il trouve un espace où son algérianité n'est pas un sujet de conversation juste un fond commun.
Lylia a rejoint Cercle DZ Premium avant de repartir pour Montréal.
Cinq inconnus. Une table. Et des connexions qui continuent d'exister trois semaines après que les assiettes ont été débarrassées.
C'est ça, Cercle DZ en action.
Une dernière chose
La meilleure description de ce que Cercle DZ fait, ce n'est pas l'algorithme. Ce n'est pas le matching. Ce n'est pas les 102 restaurants partenaires ou les 700 profils référencés.
C'est Karim qui dit "c'est reposant".
Trouver un espace où on n'a pas à se justifier. Où on est attendu tel qu'on est. Où l'entre-deux n'est pas un problème à résoudre mais une évidence partagée.
C'est simple. Et c'est rare.
Rejoindre une Table DZ app.cercle-dz.fr
Contact contact@cercle-dz.f
Cercle DZ — La table qui rassemble la diaspora algérienne mondiale.
Votre prochaine table vous attend. app.cercle-dz.fr
